Trop de technologie ? Je ne connais personne qui anticipe positivement l'année 2050. "Maintenant, nous sommes dirigés par des crapules et la jeunesse n'a plus qu'une poignée de secondes d'attention si on n'agite pas constamment des clefs devant leur nez, mais dans 25 ans, on aura tout compris et tout réglé." N'a jamais dit personne. Je vais parler de technologie alors avant tout, vous devriez revoir cette page de XKCD : https://xkcd.com/1289/ Avec la montée et l'invasion dans tous les aspects de notre vie de l'intelligence artificielle, on a de plus en plus tendance à se demander si la technologie... c'est si bien que ça. Je veux dire, la génération la plus connectée est aussi celle qui se sent le plus seule et l'utilisation excessive d'assistants artificiels fait que certains ne se sentent même pas obligés de savoir lire. Sans parler du déclin de l'éducation en elle-même (qui est un sujet passionnant pour un autre jour). Pourquoi savoir écrire quand une machine peut retranscrire la parole avec une meilleure orthographe et ponctuation que n'écrivent certains adultes ? Le fil d'actualité infini ne nous fait clairement pas le même bien que l'invention du frigo, alors peut-être devrait-on arrêter la technologie dans sa lancée. Si tel est votre état d'esprit, je vous souhaite bien du courage et je prépare le pop-corn pour aller vous voir combattre vos moulins. Vous pouvez vous référer à la dixième question du tableau ci-dessus. Vous ne pourrez pas revenir au monde d'avant, la boite de Pandore a été ouverte et notre espèce a déjà le doigt dans l'engrenage. Même si par miracle, vous pouvez influencer votre pays entier, le reste du monde continuera d'avancer dans la technologie en question et vous détruira tôt ou tard, c'est juste comme ça que les civilisations fonctionnent. (Oui, je simplifie, j'abrège) Alors oui, la technologie nous aliène plus que jamais. Logique, il y a plus de technologie que jamais. Référez-vous à la dernière question du tableau sur XKCD. On est aliéné depuis l'antiquité. Ça changera toujours en nature plus qu'en quantité. La société vous aliénera toujours autant qu'elle le peut sans que vous vous rebelliez ou bousculiez l'ordre établi. La société a juste récupéré beaucoup de l'aliénation que la nature nous causait initialement, c'est une des raisons pour lesquelles le passé lointain peut sembler idyllique. C'est exactement par ce calcul que je peux vous confirmer que les IA ne nous feront jamais travailler moins. Elles ne vont que changer ce que vous ferez de vous huit heures de travail. Mieux Avant ? Et la technologie, oui, c'était mieux avant... oui... et non. J'ai fait l'éloge du marché de l'occasion, j'exècre l'obsolescence programmée et je fais ce que je peux pour trouver des produits qui sont faits pour être réparés. Alors je suis uniquement bien placé pour vous dire que ce n'est pas aussi manichéen qu'on ne pourrait le penser. Peu d'ingénieurs se penchent sur un plan pour essayer de rendre le produit moins résistant, moins réparable ou plus ennuyant. Ceux qui le font effectivement, sont rares et souvent sous la contrainte. Et vous êtes une partie de la contrainte ! Oui, une machine à laver des années quatre-vingt durait plus longtemps, mais elle était aussi largement plus chère en proportion au salaire moyen, pour moins de fonctionnalités. Et vous seriez surpris de la différence de ventes qu'un pour-cent de prix en moins ou une fonctionnalité en plus peut faire pour un produit. Perdre des parts de marché en s'attachant à la qualité ou la simplicité est une histoire plus fréquente que vous ne le pensez. Ce qui veut dire que l'on a que les produits que l'on mérite. On a voté avec notre argent. Et vous pensez que toutes les régulations sur l'économie d'énergie, l'impact environnemental, etc. n'influencent pas les designs ? Les vieux électro-ménagers sont quasiment analogiques, mais les récents ont besoin de microcontrôleurs pour remplir toutes les obligations que l'on leur impose. Et plus de fonctions et plus d'électroniques signifient aussi plus de pannes potentielles et des pannes plus difficiles à diagnostiquer, sinon à réparer. Les puces et autres pièces détachées sont aussi plus nombreuses et plus difficiles (mais jamais impossible) à garder éternellement en stock, même pour une des rares entreprises qui serait de bonne volonté. Beaucoup de vieux téléphones ou ordinateurs sont encore techniquement fonctionnels et si internet ressemblait encore à ce site, ils n'auraient aucun problème à tout afficher à la même vitesse qu'à l'époque. Sauf que les programmeurs actuels, par incompétence, manque de temps ou par facilité optimisent de moins en moins les programmes, les sites web, les applications et même les systèmes d'opération. À ça vient s'ajouter un nombre croissant de fonctionnalités et de sous-programmes destinés à vous espionner (sauf s'ils sont open-source). Le même appareil qui était à la pointe de la technologie il y a dix ans est à peine capable de s'allumer aujourd'hui. C'est de la véritable obsolescence. L'obsolescence programmée existe évidemment elle est même certainement plus prévalente que jamais, même si ce n'est pas le béhémoth que s'imaginent beaucoup de gens. De ce que j'ai compris, c'est plus dans la négligence qu'on la retrouve. On ne va quand même pas régler un soucis qui ferait tenir une certaine pièce dix ans alors que la garantie n'en dure que deux. Non seulement les pièces coûteraient plus cher, mais chaque retouche sur le design implique énormément de prototypage et de test. Tout ça est trop cher alors que l'on ne fait qu'y perdre si le client ne rachète pas constamment de la nouvelle camelote. Pour toutes ces raisons, on ne retrouvera pas les machines d'antan. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne doit pas saluer et soutenir les gens qui essayent de le faire. Voici quelques liens qui indiquent où les trouver (n'hésitez pas à me signaler, via ma page contact, s'il m'en manque) : https://shop.fairphone.com/fr/home https://pine64.org/ https://fossasia.org/ Et le futur ? https://www.youtube.com/watch?v=q_t3h2AZ0KY On m'a conseillé cette chanson qui parle d'un futur possible si tout se passe bien. Supposant que l'économie n'implose pas, que les guerres ne deviennent pas plus destructrices qu'actuellement et qu'aucun supervolcan n'entre en éruption, on pourrait arriver à ce monde où comme le dit la chanson, votre boulot est automatisé, votre expertise et créativité sont intégrées dans les machines. Vos projets de passion sont générés en quelque secondes et personne n'a besoin de vous pour rien. Finalement, importeriez-vous encore ? Bien sûr que non. Comme le disent très bien de nombreuses personnes en commentaire, nous n'avons jamais importé pour commencer. Mais que faire alors ? Si on est juste remplaçable et qu'on n'est pas important ? Vous faites... ce que vous voulez. Ça n'a jamais changé non plus. Si l'IA fait votre projet passion de son côté, ça ne vous empêche pas de le faire. Si c'est votre passion, ne trouvez-vous pas votre satisfaction en le faisant et votre fierté de l'avoir fait ? Vous n'avez jamais eu BESOIN d'être important pour les autres. Dans un monde où rien n'a plus de valeur, pour une société inondée du travail de machines, la seule valeur qui reste, c'est la valeur que les choses ont pour vous. Non ? Si le monde vous offre une zone de confort parfaite et confortable, ça ne veut pas dire que vous êtes obligé de l'accepter, ou tout au moins de l'accepter pour ne jamais en sortir. L'algorithme parfait qui serait chirurgicalement adapté à vos goûts ne vous donnera jamais rien d'autre que la plus parfaite monotonie. Un monde figé, votre bulle d'espace-temps immobile. Si vous avez besoin de contact humain, véritable, tant mieux, vous n'êtes sûrement pas le seul, donc vous trouverez bien quelqu'un que ça intéresse. Et comme tout contact humain, vous ferez mutuellement des erreurs, mais vous en apprendrez. Dans votre bulle, vous n'apprendrez jamais, n'évoluerez jamais. Si l'on vous sert le café parfait pour vous, ne serait-ce pas toujours l'exact même café ? La même histoire à une variation près ? Les news, teintés des mêmes opinions à un fait divers près ? Vos goûts n'évolueront pas plus que ceux des nourrissons ou du bétail que l'on abreuve de bouillie et qui n'apprend jamais à mâcher. Mâcher c'est dur, après tout. Et les saveurs nouvelles font peur ! Mais il faut pourtant les goûter. Plongez-vous dans le chaos, écoutez des choses que vous n'aimez pas, des gens avec qui vous êtes en désaccord, des débats stériles entre des gens que vous trouvez idiots. Essayez quelque chose de nouveau ou poussez votre maîtrise de quelque chose que vous aimez déjà. Trouvez-vous médiocre et faites mieux. Devenez un meilleur vous. Faites-vous volontairement des problèmes. Dans le monde qui veut tout lisser la moindre friction est votre seul espoir de survie. Et même si vous ne désespérez pas et ne mourrez pas de votre condition aseptisée, vous ne seriez qu'un zombie, répondant aux stimuli d'un fil d'actualité infini, incapable de s'arrêter de faire défiler l'écran des heures durant, ne retenant rien, ne créant rien, ne critiquant rien… pour finalement, ne même plus vraiment penser. Alors qui va crever ? Votre bulle ou vous ? Je sais que j'ai besoin de le clarifier pour certains, mais on a pas besoins d'IA et d'algorithmes parfaits pour que ce que je dis soit pertinent. Le monde est déjà plein de gens qui ont peur d'interrompre le flux continu de distraction et de s'entendre penser. Le monde est déjà plein de ces zombies. On ne se dirige pas vers une société que personne ne veut. Seulement l'énorme masse de gens qui la désirent n'ont même pas la capacité de s'en rendre compte. P.S. Je n'écris pas parce que je pense que ce que je fais est précieux et devrait être lu. Je le fais, car ça a de la valeur pour moi. C'est tout ce qui compte. La preuve, il n'y a aucun copyright de tout ce site. Tout ce que j'ai fait est à vous sans condition, avec ou sans mon identité attachée. Je regrette seulement de ne pouvoir vous offrir ce qui compte vraiment : le peu d'esprit critique et de pensée libre dont je dispose. J'écris aussi parce que c'est plus simple d'envoyer un lien que de réexpliquer chacune de mes pensées à chaque fois qu'elles sont pertinentes à une discussion. Vil pragmatiste que je suis.